(95) Danger : astéroïdes
L’ONU EN GUERRE CONTRE LES ASTÉROÏDES.
Un projet de traité international destiné à protéger notre planète des astéroïdes est actuellement à l’étude. Ce traité définirait les protocoles de mise en place d’une mission spatiale chargée de détruire un astéroïde tueur – et ainsi empêcher une catastrophe humaine et matérielle à très grande échelle.
Lors d’une réunion à Vienne fin février, Rusty Schweickart, un ancien astronaute de la NASA, a présenté ce projet devant la Commission des Nations unies sur l’utilisation de l’espace à des fins pacifiques. Un groupe d’experts internationaux composés de juristes, de diplomates et de scientifiques devrait consacrer ces deux prochaines années à rédiger ce projet pour le soumettre aux Nations unies en 2009.

Dans les quinze prochaines années, prévient M. Schweickart, les agences spatiales et les astronomes vont consacrer une grande partie de leur temps à scruter le ciel à la recherche d’astéroïdes dangereux pour la Terre – et probablement découvrir des astres qui risquent d’entrer en collision avec notre planète. “D’après ce que nous savons grâce à notre base de données sur les Near-Earth Objects (NEO) [les géocroiseurs], il apparaît évident que, dans certains cas – sans doute nombreux –, il faudra prendre des décisions très rapidement sans être certain à 100 % que l’astéroïde entrera en collision avec la Terre”, explique-t-il.
Cette base de données mise en place par le Jet Propulsion Laboratory (le principal centre américain consacré à l’exploration robotique du système solaire), situé en Californie, recense actuellement 129 astéroïdes ayant une probabilité faible (moins d’une sur 1 000) de collision avec la Terre au cours de ce siècle. En 2020, la base de données devrait comporter entre 5 000 et 10 000 astéroïdes de ce genre, dont la plupart seront certes trop petits pour mettre fin à l’aventure humaine mais suffisamment gros pour causer des catastrophes régionales.
Le cas d’Apophis, un astéroïde de 250 mètres de diamètre, montre bien la complexité de la question. Steven Chesney, responsable de la base de données sur les NEO, raconte qu’au moment où Apophis a été découvert, en décembre 2004, sa probabilité de rentrer en collision avec la Terre était de 0,4 %, et les calculs prévoyaient un impact en 2029. Le mois suivant, après des observations plus approfondies de l’orbite de l’astéroïde, cette probabilité est passée à 2,7 %, avant qu’il ne soit ensuite démontré qu’il n’y avait pas le moindre risque de collision en 2029.
Apophis va tout de même passer très près de la Terre – plus près que ne le sont les satellites géostationnaires de télécommunications et de météorologie – et, d’après les calculs, si l’on dévie de sa trajectoire l’astéroïde en 2029, il y a un risque de 1/45 000 que ce corps céleste de 20 millions de tonnes percute la Terre en avril 2036. L’énergie libérée sera équivalente à celle d’une explosion de 400 mégatonnes de TNT, et il y a de fortes probabilités pour que cet astre tombe dans l’océan Pacifique et soit à l’origine d’un tsunami qui engloutirait toutes les villes côtières du Pacifique.
Le futur traité international de l’ONU devra, en fonction de la taille de l’objet menaçant et de la probabilité de son impact, préciser les différents niveaux d’alerte, qui décideront de la mise en place d’une action internationale. La technologie de déviation utilisée dépendra de la taille de l’astéroïde et du temps dont on dispose. Selon l’astronaute Edward Lu, spécialiste des astéroïdes, la méthode la plus efficace, si le temps dont on dispose est suffisant, serait de positionner un vaisseau spatial à proximité de l’astéroïde. L’effet d’entraînement graduel de ce “tracteur gravitationnel” pendant plusieurs mois ou plusieurs années suffirait à modifier l’orbite de ce caillou errant et ainsi éviter une catastrophe.
Les techniques les plus spectaculaires – comme faire exploser l’astéroïde ou provoquer une collision avec un vaisseau spatial – pourraient être utilisées en dernier recours mais le risque serait alors de transformer l’astéroïde en une myriade de fragments tout aussi meurtriers.
Texte : Clive Cookson, Financial Times (Londres)
Photo : himmelweg.blog.lemonde.fr
Merci d’être là et à la prochaine. Gilles.
gil.suz[a]videotron.ca
Les chroniques de Gilsuz # 95.

Super intéressant (mais mon doux que ça fait peur….)
Gilles, est-ce que ton lien pour la photo est le bon? J’ai trouvé un super extrait d’un livre de Romain Gary, mais je vois vraiment pas de photo d’astéro¨de ou rien qui ressemble. Quoque je suis peut-être encore un peu endormie…
DaisyB, puisque tu n’as pas mis de ponctuation dans ta première phrase je vais en déduire que le “mon doux” s’adressait à moi…
Voici le lien complet pour la photo: http://himmelweg.blog.lemonde.fr/2006/11/04/
Ô Gilles, très cher collaborateur du Bar Chez Mo tu as, en effet, raison. Dans ma hâte de commenter à quel point ton billet était bon, j’oublai d’y mettre la ponctuation.
Honte à moi car, bien loin de moi l’idée de te corriger, je t’avais taquiné sur le sujet auparavent.
Merci pour le lien complet pour la photo.
Je réalise maintenant que j’étais fatiguée, puisqu’il était bien tôt!
Super intéressant Gilles mais cette petite histoire que tu ous raconte me fait penser à un certain film… pas vous ?
Armageddon, genre.