La Joconde (suite et…à suivre…).
DOSSIER SUR LA JOCONDE (3e partie).
J’avais prévu, initialement, vous présenter ce dossier sur la Joconde en trois parties mais je réalise que la troisième serait trop longue; il y en aura donc une quatrième et dernière mardi le 6 février 2007.
Les scientifiques du CNRC contribuent à élucider les mystères de la Joconde (1re partie).
Depuis cinq siècles, elle alimente d’innombrables spéculations qui relèvent parfois du réel, parfois de la fiction – de la magie de ses yeux, qui paraissent suivre constamment celui qui la contemple, à son sourire énigmatique, en passant par le Code da Vinci, best-seller de l’écrivain Dan Brown. À présent, des chercheurs du CNRC utilisant un système à balayage laser sophistiqué en couleurs et en trois dimensions ont réussi à percer les secrets du tableau le plus célèbre au monde.
Chemin faisant, ces scientifiques n’ont pas fait que nous aider à préserver et à mieux comprendre un trésor culturel. Ils ont perfectionné une technologie qui rend l’exploration de l’espace plus sécuritaire, qui a permis aux constructeurs d’automobiles de fabriquer des moteurs avec la précision du micron (une épaisseur 10 à 20 fois plus fine que celle d’un cheveu humain), qui nourrit les productions hollywoodiennes reposant sur le cinéma d’animation d’avant-garde et qui pourrait un jour faire entrer l’imagerie laser tridimensionnelle en couleurs dans votre salon.
L’équipe de 11 chercheurs de l’Institut de technologie de l’information du CNRC (ITI-CNRC) est la seule d’Amérique du Nord à participer à une étude sur la Joconde qui servira de point de référence. Le projet, organisé par le Centre de recherche et de restauration des musées de France (C2RMF) et auquel concourent plus de 30 scientifiques, fait appel à une technologie d’imagerie très pointue pour établir l’état de conservation du tableau. Le groupe de l’ITI-CNRC a reçu pour mission de réaliser le premier modèle numérique 3D à haute résolution du chef-d’oeuvre d’une qualité suffisante pour avoir une valeur d’archives. L’étude nous informe également au sujet de la technique encore inégalée de Léonard de Vinci, le sfumato (voir ci-dessous).
Il aura fallu 25 ans pour que la technologie du laser 3D couleur exclusive à l’ITI-CNRC passe du simple concept – jeté sur papier par le chercheur Marc Rioux – à un outil capable de reproduire en couleurs un objet avec détails d’une largeur inférieure à celle d’un cheveu humain. Le développement de cette technologie résulte d’une convergence unique des arts et de la science. Depuis 20 ans, on ne cesse d’améliorer le scanneur 3D et de s’en servir pour rassembler des données sur de précieux artefacts et oeuvres d’art dans les musées du Canada et d’ailleurs.
Le stumato.
Léonard de Vinci avait baptisé sa technique le sfumato, du terme italien signifiant fumée. Malheureusement, les secrets de cette technique telle qu’il l’a employée pour peindre la Joconde se sont perdus dans les brumes du temps. Grâce à la technologie de numérisation laser 3D couleur à haute résolution mise au point à l’ITI-CNRC, le relief engendré par les coups de pinceau sur une toile prend la forme de vaguelettes ridant la mer. «La surface de la Joconde ne révèle aucun des coups de pinceau, déplore John Taylor. La couche de pigment est extrêmement mince et uniforme. Pourtant on distingue très bien les détails, les boucles de cheveux, par exemple. La technique du maître ne ressemble donc à aucune autre. Léonard de Vinci est un cas à part.» Alors, comment a-t-il réalisé son chef-d’oeuvre? M. Taylor n’a découvert aucune empreinte digitale, même si l’on pense que le maître pourrait l’avoir peint avec les doigts, comme il l’a fait à d’autres occasions. Les experts savent que la technique du sfumato suppose la superposition de couches de couleur translucides pour rendre l’impression de profondeur, de volume, de forme et de zones plus claires ou plus sombres. «La numérisation montre que les espaces sombres tels les yeux sont effectivement plus épais, signe qu’ils consistent en une accumulation de minces couches de glacis», explique François Blais, un scientifique de l’ITI-CNRC. Néanmoins, la façon dont ce maître de la Renaissance a appliqué les couches de pigment et d’huile demeure un mystère. À présent, l’équipe de l’ITI-CNRC analyse des répliques spéciales de sfumato sur bois afin de mieux comprendre l’interaction entre la numérisation 3D au laser et le matériau, dans l’espoir qu’on finira un jour par déchiffrer le code du sfumato de Vinci. Source.
Merci d’être là et à la prochaine. Gilles.
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Les chroniques de Gilsuz # 62.
