Violence extrême au Congo + Énigme policière # 2
Pour des raisons importantes, imprévues et totalement hors de mon contrôle, je serai dans l’impossibilité de produire mes chroniques régulières pour la période débutant mardi le 13 mars 2007 et se terminant samedi le 24 mars 2007.
D’une part, cela va vous permettre de cliquer sur «Gilsuz», à gauche sur la page d’accueil du site et de lire mes chroniques précédentes (pour ceux qui ne l’ont pas encore fait évidemment).
D’autre part, je vais produire, en lieu et place, des «chroniques allégées» à l’intérieur desquelles vous trouverez :
- le résumé des principales crises humanitaires les moins médiatisées en 2006 selon Médecins sans frontières
- une énigme policière (la solution de chaque énigme paraîtra dans la chronique suivante).
Mes chroniques régulières devraient donc être de retour mardi le 27 mars 2007.

LES CRISES HUMANITAIRES LES MOINS MÉDIATISÉES EN 2006 SELON MÉDECINS SANS FRONTIÈRES.
Les congolais subissent privation et violence extrêmes.

En 2006, le peuple habitant la vaste République démocratique du Congo (RDC) votait aux élections parlementaires et présidentielles pour la première fois depuis des décennies. Alors que les élections ont poussé brièvement la République démocratique du Congo sous les projecteurs des médias, mais des millions de Congolais continuent de subir privation et violence extrêmes hors de vue du reste du monde.
Dans l’est du pays, riche en minéraux, une multitude de groupes armés, y compris l’armée nationale, utilisent la force contre la population civile qui demeure sous l’emprise de la violence. Au début de 2006, les combats entre l’armée congolaise et les forces rebelles Mai-Mai dans la province du Katanga, au sud-est, ont provoqué le déplacement de dizaines de milliers de Congolais.
Forcée à vivre dans les conditions de grande promiscuité dans la ville de Dubie et ses environs, la population est victime de faim et de maladie, tandis que peu d’assistance est disponible.
Dans la province orientale de Nord-Kivu, on constate des niveaux alarmants de violences sexuelles perpétrées contre les femmes : de janvier à juin 2006 seulement, MSF a traité environ 150 femmes par mois dans trois cliniques.
Dans le district d’Ituri, les combats incessants impliquant l’armée congolaise, soutenue par les forces onusiennes de maintien de la paix (MONUC) et diverses milices, ont mené à la destruction de nombreux villages, à des violences contre la population civile et à des déplacements considérables.
En juin, 50 000 déplacés cherchaient refuge à Gety, une ville de 5000 habitants à 60 kilomètres au sud de Bunia, la capitale du district. Après avoir fui la destruction de leurs villages et passé des semaines ou des mois en forêt, ils arrivaient dans un état physique terrible ; MSF a traité des centaines d’enfants sévèrement malnutris dès l’ouverture de ses services.
MSF répond aux épidémies de méningite, de malaria, de choléra et de rougeole dans tout le pays. Ce qui prouve bien que plus d’une décennie de conflit et de dévastation a fait s’effondrer un système de santé publique déjà anémique. Les conséquences se font même sentir dans des zones qui se trouvent hors des conflits actuels : récemment, MSF a commencé à soutenir un hôpital dans la province de Maniema, où les taux de mortalité étaient presque trois fois supérieurs à ceux d’une situation urgence.

ÉNIGME POLICIÈRE # 1. L’affaire Flambart. (Solution).
La famille Flambart ne consomme pas de café. Ce n’est donc pas la victime qui a commandé le café, mais bien maître Capparella. Le patron du café témoignera par la suite qu’il a bien reconnu la voix de Capparella.
ÉNIGME POLICIÈRE # 2.
L’affaire Sanvin.

Blondel te demande. Il est dans son bureau avec ton ami du labo.
- Merci Josiane, répondit le commissaire Barrière en déployant sa grande carcasse.
Blondel avait son sourire des beaux jours. Chaugard, debout à côté du divisionnaire salua cordialement son ami.
- Je vous avais demandé une enquête discrète sur la société Digitron et vous m’avez gratifié d’un volumineux rapport de 10 pages. Rassurez-vous, ce n’est pas un reproche que je vous fais…. Bien au contraire. Je retire la réflexion désagréable que je vous avais faite lorsque vous me l’aviez remis. Si ce n’étaient nos bonnes relations, aujourd’hui, je m’en excuserais…. Dites moi, Paul, il vous arrive parfois d’avoir des prémonitions ?
- Excusez-moi, monsieur le divisionnaire mais je ne comprends rien.
- Il y a du nouveau dans l’affaire Sanvin. Chaugard me confirme qu’il ne s’agit pas d’une simple crise cardiaque, mais d’un crime. Au labo, ils ont trouvé des traces de digitoxine dans le corps. Évidemment pour un homme ayant déjà eu un infarctus, ça ne pardonne pas. Votre rapport va nous faire gagner du temps. Félicitations. Nous passons à l’offensive : pour 14 heures, vous me réunissez tout le beau monde qui gravite autour du P.D.G.
- Je suis dans le coup ?
- Bien sûr, je n’ai pas l’intention de me passer des services d’un devin.
En quelques minutes Blondel réussi à rétablir le calme.
- Je vous ai réuni pour vous faire gagner du temps, si vous n’êtes pas d’accord, je vous convoque individuellement au commissariat et croyez-moi, là vous risquez d’en perdre du temps. J’ai une mauvaise nouvelle à vous annoncer. Votre P.D.G et associé n’est pas mort accidentellement, mais a été assassiné. Un produit toxique a provoqué la paralysie de ses muscles cardiaques. Il nous appartient donc de déterminer comment, quand et par qui, ce poison lui a été administré. Puisque vous semblez tous pressés et surchargés de travail, je compte sur votre coopération pour aboutir le plus vite possible.
Après quelques murmures d’étonnement dans le groupe réuni autour des deux policiers, Bondel poursuivit :
- Résumé des faits : Monsieur Sanvin est arrivé à 8 heures, il a bu un café au distributeur principal.
- Nous sommes une dizaine à nous servir de ce distributeur le matin et personne d’autre n’a été empoisonné.
- Je le sais monsieur Bonnami, mais laisser moi continuer. A 9 h 45 lorsque mademoiselle Levasseur a pénétré dans son bureau, il était vivant et bien portant.
- Je n’y suis restée que quelques minutes, le temps de déposer le courrier sur son bureau et d’échanger quelques mots. Lorsque j’y suis retournée environ 15 minutes plus tard, il était mort. Monsieur Sanvin aimait boire un café en lisant le courrier. La tasse était renversée sur son bureau.
- Ce café venait du distributeur principal, ou de celui de son bureau ?
- De son bureau ! Monsieur le commissaire, mais il n’est pas le seul à s’en servir. A 9 heures, monsieur Peruzzi, notre directeur commercial et les deux associés, messieurs Bonnami et Bontemps ont coutume d’en consommer pendant que monsieur Sanvin fait le bilan de la veille. Comme je vous l’ai déjà dit, notre P.D.G, prend son deuxième café en lisant le courrier vers 10 heures. Il s’était fait installer un distributeur d’expresso dans son bureau car il adore boire un bon café à cette heure là. Le premier du matin, c’est pour se laver les intestins disait-il. A mon avis, en aucun cas, on ne peut- incriminer le café ou la cafetière.
- Merci, mademoiselle Levasseur, mais gardez-vous des conclusions trop hâtives. J’ai donc deux suspects.
Bonnami s’enfonça dans son siège en se caressant le ventre qu’il avait particulièrement rondelet :
- Désolé de vous décevoir, monsieur le commissaire, mais Bontemps et moi ne nous sommes pas approchés de la cafetière, c’est mademoiselle Levasseur qui nous a servis. Faudra vous chercher un coupable ailleurs.
- Non ! Ca me fait 3 suspects au lieu de 2. Rassurez-vous, l’enquête ne fait que commencer.
Blondel dévisagea rapidement les 6 personnes assises autour de la table et consulta ses notes.
- Pourquoi à cette réunion matinale, il n’y a que le directeur commercial et deux associés alors que sur mon papier, il est fait état de 3 associés ? Monsieur Miloski y est mentionné lui aussi. Y-a-t-il une explication ?
Un silence pesant s’installa dans la salle. Chacun restait figé sur sa chaise dans un mutisme profond. Peruzzi monta sur l’échafaud et accepta de répondre à cette question qui semblait embarrasser les 2 associés.
- La société a démarré avec peu de fonds. 50% viennent de monsieur Sanvin, alors que messieurs Bontemps et Bonnami, ont investi 20% chacun. Monsieur Miloski n’a apporté que 10%.
- Et alors ? Il n’en reste pas moins un associé, protesta Blondel très intrigué.
Le directeur commercial, mal à l’aise gigota sur sa chaise. Visiblement, il ne voulait pas fournir d’autres explications.
Miloski un homme au visage émacié dont la raideur des traits accentuait la maigreur du visage, se pencha sur la table en fixant droit dans les yeux le divisionnaire :
- Ma position est particulièrement inconfortable. D’accord, je n’ai apporté que 10% à la création de la société. J’étais le plus fauché des trois, j’en conviens, mais depuis, les choses ont changé. La société est prospère. Nous engrangeons de gros bénéfices et je puis vous affirmer que j’y suis pour quelque chose, puisque ce sont mes logiciels qui nous ont permis de pénétrer le marché et assurer un bon démarrage. Et moi, qu’est-ce que je touche ? Une misère ! J’ai demandé une révision des conditions d’attribution des bénéfices mais Sanvin n’a rien voulu savoir. Il s’en tient aux statuts d’origines. Nos relations se sont aigries et il refuse de me considérer comme un associé à part entière. Il me considère comme du menu fretin. Vous vouliez tout savoir, maintenant, vous savez tout. De toutes manières, je sais très bien que vous l’auriez su.
Blondel se pencha vers Barrière : Qu’en pensez-vous ? lui murmura-t-il à l’oreille
- C’est exact. Sanvin ramassait le gros des bénéfices et menait la grande vie, alors qu’en fait le maître d’œuvre des créations était Miloski, un technicien exceptionnel. C’est lui qui a mis au point de nombreux logiciels gérant les fabrications de plusieurs grosses entreprises grenobloises.
- Très intéressant, conclua Blondel à haute voix, nous voici avec un suspect de plus.
- Tara-tata ! Vous tombez mal, commissaire. Le jour où Sanvin est mort, ou plus précisément a été empoisonné ainsi que vous le prétendez, je n’étais pas là.
- C’est vrai ça ? interrogea Blondel en s’adressant à Marthe Clavel la responsable des ressources humaines.
- Exact répondit la femme.
- Et moi qui pensais que vous étiez indispensable ici ? ironisa Blondel.
- Vous pensez juste, monsieur le commissaire, Monsieur Miloski est indispensable au niveau des fabrications et de la création, mais la veille il a avancé son travail du lendemain en restant un peu plus tard.
- Plus tard, C’est quelle heure ?
- En général, on quitte à 18 heures ; selon la charge, certains restent jusqu’à 19 heures. Moi je suis resté jusqu’à 20 heures. Et j’ai eu le temps de préparer le planning du lendemain, précisa Miloski.
- Vous aviez donc une clef ?
- Non ! Le personnel de nettoyage travaille chez nous de 19 heures à 21 heures. Une employée d’ONET nettoyait la grande salle ou je travaille lorsque je suis parti à 20 heures. Vous pouvez l’interroger, je crois qu’elle est marocaine, elle me connaît, répliqua Miloski en se redressant, avec l’ombre d’un sourire ironique sur les lèvres. Ca vous fait un suspect de moins. Désolé !
Blondel échangea quelques mots à voix basse avec Barrière, puis il s’adressa à son auditoire.
- Mesdames et messieurs, je vous remercie de votre coopération. Reconnaissez que je ne vous ai pas retenu trop longtemps. Vous pouvez regagner vos postes de travail.
Le premier à sortir fut Miloski. Les autres un peu surpris de la rapidité de l’entrevue s’éloignèrent en échangeant quelques moues dubitatives.
Lorsqu’ils furent tous hors de la pièce, Blondel sourit à Barrière.
- Alors Paul ? Qu’en pensez-vous ?
- Je suis convaincu de la culpabilité de Miloski, mais nous n’avons aucune preuve. Sanvin, n’a rien consommé d’autres que ces deux cafés. L’un au distributeur général, l’autre dans son bureau. D’autres personnes en ont consommé. Pas de traces de poison dans la poudre, dans le sucre, dans l’eau. Et pourtant, je suis convaincu que c’est lui.
- Puisque vous êtes convaincu, arrêtez-le. Le grand jeu Paul: inculpation, menottes et touti quanti. Dites lui détenir une preuve. Flattez le, insistez sur le fait que c’est lui qui faisait marcher la boutique et que c’était Sanvin qui se graissait les pattes. Vous verrez, il est à bout. Un homme frustré, aigri, pas considéré à sa juste valeur. C’en est trop, il va craquer en moins d’une heure.
- D’accord, mais je ne vois toujours pas comment il s’y est pris.
Le visage de Blondel se fendit d’un large sourire :
- Je vous connais trop Paul, je suis convaincu que vous ne mettrez pas plus de 4 minutes pour comprendre. La solution est évidente.
Fin.

Merci d’être là et à la prochaine. Gilles
gil.suz[a]videotron.ca
Les chroniques de Gilsuz # 81.

rock and roll! gilles, trouve moi une énigme plus difficile, au début je croyais pas à ma réponse, mais je l’ai eu!!!! merci pour cette partie de tes croniques, c’est un de mes divertissemetn préférés les énigmes!
Mais!!! Pas possible!!! J’avais trouvé la réponse!
Ok, j’ai relu au moins 3 ou 4 fois le texte avant d’allumer par contre… j’ai toujours été meilleure en Watson qu’en Sherlock